Malgré une lettre ouverte fin juin et une visite de parlementaires mi-juillet alertant sur les conditions de rétention en période de canicule, la préfecture ne réagit toujours pas.

Cornebarrieu le 2 août 2026.
Monsieur le Préfet d’Occitanie et de Haute-Garonne,
Le 25 juin 2026, nous vous avons adressé une lettre ouverte afin de vous alerter sur les conditions de rétention au Centre de rétention administrative de Cornebarrieu et de vous demander de prendre sans délai les mesures nécessaires pour protéger la santé et la dignité des personnes retenues.
Plus d’un mois après cette alerte, nous n’avons reçu aucune réponse de votre part.
Plus préoccupant encore, tout indique que la situation au sein du Centre de rétention administrative n’a pas évolué, alors même que les épisodes de chaleur intense se poursuivent et continuent d’exposer les personnes retenues à des risques sanitaires importants. Les constats rendus publics par la Cimade et le Cercle des voisins du Centre de rétention administrative de Cornebarrieu demeurent inchangés. Ils ont également été corroborés par les députés Hadrien Clouet et Anne Stambach-Terrenoir, le 14 juillet 2026,lors de leur visite au Centre de rétention. Ceux-ci ont relevé des températures atteignant 34 °C dans les chambres et constaté que des personnes retenues étaient contraintes de dormir dans la cour afin d’échapper à la chaleur étouffante des bâtiments. À ces alertes s’ajoutent aujourd’hui de nouveaux témoignages concordants émanant de personnes actuellement enfermées au CRA.
L’une d’elles nous indique que seule une bouteille d’eau fraîche est distribuée quotidiennement, à 19 heures, malgré des températures particulièrement élevées. À notre connaissance, aucune mesure spécifique n’a été mise en œuvre pour faire face aux risques sanitaires liés à la chaleur.
Ces informations révèlent qu’en dépit des alertes répétées des associations, des parlementaires et des témoignages de personnes retenues, aucune réponse concrète n’a été apportée.
Cette inertie est incompréhensible. Selon le rapport sur la rétention administrative, le taux d’éloignement s’élevait à 23,8 % en 2025. Cette donnée conduit à s’interroger sur la pertinence du maintien en rétention dans un contexte sanitaire aussi dégradé. Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’administration a l’obligation de garantir, en toutes circonstances, la sécurité, la santé et la dignité des personnes qu’elle prive de liberté.
Nous vous demandons donc soit de nous indiquer, dans les plus brefs délais, les mesures effectivement mises en œuvre depuis notre précédent courrier et depuis la visite des députés le 14 juillet 2026, soit de suspendre, pendant la période estivale, les placements en rétention administrative dans le département de la Haute-Garonne. À défaut, nous vous demandons, a minima, de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour garantir des conditions de rétention respectueuses de la santé et de la dignité des personnes retenues.
Sans réponse ou prise de mesures concrètes, votre silence et l’absence d’amélioration des conditions de rétention ne pourront qu’interroger sur le respect par l’État, de ses obligations envers les personnes privées de liberté.
Nous rendrons publique cette relance et la transmettrons aux médias, à la Défenseure des droits, aux parlementaires ainsi qu’à l’ensemble des autorités compétentes afin que chacun puisse apprécier la réalité de la situation au CRA de Cornebarrieu et l’absence de suites données aux alertes formulées depuis plusieurs semaines.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le préfet, l’expression de notre considération distinguée.
Le cercle des voisins du CRA de Cornebarrieu.
